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Les archives communales ayant subi au cours des siècles des infortunes diverses, nous ne pouvons fixer d'une manière irréfutable le moment à partir duquel FRONTIGNAN consacra des parcelles de son terroir à la culture du Muscat.
Trois suppositions ont été formulées quant à l'origine du " FRONTIGNAN ".
- Pour les uns, le cépage Muscat aurait été apporté en Gaule Narbonnaise par les Romains sous le nom de "Apiena Uva", c'est à dire raisin qui attire les abeilles.
- Plus logique, par contre, paraît l'idée d'établir une relation entre les Croisades et la culture du cépage " Muscat ". Plant certainement exotique, celui-ci a peut-être colonisé les terres Languedociennes à la faveur de l'élargissement des contacts humains aux XIème et XIIème siècles.
- Enfin existe-t-il une corrélation entre l'implantation de la royauté Aragonaise et celle du Muscat à Frontignan. Certains l'ont affirmé en précisant même que le Frontignan avait fait sa première apparition sur une table du mariage de Pierre II avec Marie de Montpellier.
Nous ne pouvons confirmer ou infirmer ces dires. Tout au plus savons nous que Jacques Ier, fils de Pierre II, s'intéressait beaucoup à son vignoble Frontignanais où il aimait être présent à l'époque des vendanges.
Quoiqu'il en soit, et aussitôt qu'il fût connu, le Muscat de Frontignan a eu du succès et a été célébré dans de nombreux textes :
Arnaud de Villeneuve (1240-1314) médecin et alchimiste écrit : " Sur les conseils du Roi d 'Aragon, seigneur de Frontignan, je bois chaque jour, depuis deux semaines, deux verres de Muscat de Frontignan et déjà je me sens rajeuni de dix années… "
Vers la fin du XIVème siècle, Guy de Chauliac, médecin des Papes Clément VI et Urbain V, énonçait : " Nous ordonnons le merveilleux Muscat de Frontignan comme fortifiant ".
C'est plus tard que RABELAIS dans son quart livre " Pantagruel " fait réclamer à Panurge une grosse botte (tonne) de ce bon vin de Languedoc qui croît à Mirevaul Canteperdrix et Frontignan.
Olivier de Serres énumérant les grands vins de France écrira : " Sur tous lesquels paraissent les muscats et blanquettes de Frontignan dont la valeur les fait transporter par tous les recours de ce royaume ".
Ainsi ,à une date où le Porto n'avait pas encore conquis le Continent, et où la Champanisation n'existait pas (Dom Perignon ne l'a découverte qu'en 1695) le FRONTIGNAN était le seul grand vin de dessert.
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